Annuler la dette africaine : à quelles conditions ?

Suspendre le remboursement ou restructurer ? Annuler la dette des pays les plus
pauvres ? La crise économique provoquée par le coronavirus, qui a fait son apparition en
décembre 2020 dans la ville chinoise de Wuhan, a relancé le débat en Afrique.
Emmanuel Macron, le chef de l’Etat français, a fait une annonce inattendue dans son
discours du 15 mai 2021. Afin de lutter efficacement contre la pandémie mondiale de
coronavirus, il serait indispensable d’aider les pays d’Afrique, notamment le Cameroun, le
Bénin, la Côte d’Ivoire, le Togo, et le Rwanda, sur le plan économique “en annulant leurs
dettes”.

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“Aucun pays ne sera épargné” par la crise, a souligné Macky Sall, le président sénégalais.
En effet, le Fonds Monétaire International prévoit une récession de 2 % en 2021.
Si la proposition d’annuler ou de reporter les dettes africaines venait à être mise en œuvre,
elle pourrait mettre la Chine dans une situation un peu embarrassante. Le pays serait
cependant contraint de choisir 2 options : maintenir les remboursements des dettes, ou
contribuer à les suspendre, voire les annuler, et risquer ainsi d’écorner son influence et son
image auprès de ses associés africains.
La crise du coronavirus rebat les cartes géopolitiques. L’Union africaine doit donc en
profiter pour repenser son influence et sa présence sur le continent.
De ce fait, le Fonds Monétaire International et la Banque Africaine de Développement ont
appelé, le mois dernier, les pays créanciers (à savoir les États-Unis, le Pékin, le Japon et la
Chine ) à annuler les dettes des pays les plus pauvres afin de leur permettre de conserver
des liquidités.
Qui est vraiment concerné ? Le Sénégal a été, avec la Côte d’Ivoire, le premier pays au
monde dont le G20 a suspendu, mercredi 19 mai, le service de la dette jusqu’au 1er janvier
2022. Une semaine plus tard, la même disposition était prise pour le Rwanda, suivie le 20
mai, par le Burkina Faso.
Les procédures sont rapides et simples ici, puisqu’il ne s’agit pas vraiment d’une annulation
de dette, mais plutôt d’une simple suspension des remboursements de capital des prêts et
des versements des intérêts. Les pays doivent d’abord en faire la demande.