Bangladesh : l’islam, religion officielle et intouchable

Depuis quelques années, l’islam est l’objet de représentations extrêmement passionnées en Occident. Si la dimension politique de l’islam au Bangladesh n’est pas nouvelle, via des formes différentes, selon les conjonctures et les époques, le caractère subversif et radical de certaines prises de positions formulées au nom de la religion musulmane oblige à se pencher encore sur celle-ci afin de tenter d’y reconnaître la part de la culture, celle de la politique et celle de la religion. C’est au début du XIVe siècle que le Bangladesh passe sous le contrôle de gouvernants musulmans après plus de trois siècles d’influence de l’islam à travers des soufis et des commerçants. Tolérance et justice sont ainsi mises en avant par les conquérants.
Au Bangladesh, l’islam est la religion majoritaire, où elle représente entre 90 % et 92 % de la population totale, soit un peu plus de 230 millions de personnes en 2012.
Selon les horaires de prière au Bangladesh, plus de 98 % des musulmans sont sunnites.
Le Bangladesh est ainsi le 4e pays (derrière l’Inde, le Pakistan et l’Indonésie) par le nombre de fidèles dans le monde. En effet, cette religion constitue une part importante de l’identité bengalie.

 

     Bangladesh : la montée de l’islam radical

Un débat fait rage, depuis quelques années, au Bangladesh. Le statut de l’islam soulève les passions. A tel point que la plus haute instance judiciaire du pays est appelée à se positionner dans le dossier.
Le Bangladesh pourrait-il devenir un pays laïc ? Une décision est rendue en juin 2017.
La crise existentielle que vit actuellement ce pays du sous-continent indien relève de divers facteurs intrinsèques, autant du point de vue historique qu’actuel.
C’est certainement un pari fou lancé par le Premier ministre du Bangladesh, Hasina Sheik. Cette femme de poigne n’a jamais caché sa rigidité (ou encore sa sévérité) vis-à-vis des musulmans, qui ont tenté de l’assassiner en juin 2005.
Des groupes djihadistes s’en prennent aux minorités religieuses, chrétiens et hindouistes, mais également à d’autres représentants de l’islam, particulièrement les chiites, les soufis, et à la minorité Ahmadiyya. Les étrangers, les intellectuels et les athées ne sont pas épargnés non plus.