Coronavirus en Afrique : un double tsunami

Le continent africain, résilient, mais très fragilisé, va subir de plein fouet les conséquences
économiques de la pandémie mondiale de coronavirus. Comment les atténuer ?
Le coronavirus représente un bouleversement sans précédent du commerce mondial et de
l’économie mondiale, la consommation et la production étant réduits dans le monde entier.
“C’est un chamboulement sans précédent que traverse le monde”, a souligné Tedros
Adhanom Ghebreyesus, le président de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Selon ici, la communication des informations en temps utile est aujourd’hui l’un des
moyens les plus efficaces d’affronter cette crise.

 

      Contrer l’impact du Covid-19 en Afrique

D’après le dernier rapport du groupe de la Banque Mondiale, la première vague de la
pandémie – du 1er mars au 30 août 2020 – a entraîné la perte de plus de 250 000 emplois.
“Près de 42 % des PME (Petites et Moyennes entreprises) sont menacées de faillite et
environ 53 % des sociétés d’artisanat ont déjà mis la clef sous la porte”, s’inquiète le
président de la Banque Africaine de Développement (BAD), au moment où les
gouvernements ont annoncé une palette de nouvelles restrictions en vue d’endiguer la
pandémie.
Selon la même source, le Sénégal a recensé sur son sol environ 40 000 cas de
coronavirus, dont plus de 1 200 décès. A ce jour, le pays enregistre près de 30 morts par
jour, contre 60 au total entre avril et juillet.
Le taux de chômage est passé, au premier semestre, de 18 à 26 %. D’ici la fin de l’année,
il pourrait atteindre 29 %. Ce qui représenterait environ 350 000 nouveaux chômeurs sur l’an
2021.
Plusieurs emplois ont cependant disparu dans le secteur informel, qui, selon le dernier
rapport de la Banque Africaine de Développement, embauche actuellement environ 52 %
des travailleurs sénégalais, particulièrement dans le tourisme, le commerce, la restauration
ou encore l’agriculture, secteurs clés frappés de plein fouet par le coronavirus.
Le samedi 1er mai, le groupe de la Banque Mondiale a revu ses prévisions et table sur
une contraction du Produit Intérieur Brut africain en 2021 comprise entre 3. 9 % et 4. 9 %.
“Le continent africain est entré en récession, et ce choc sera d’ampleur”, a souligné le
président sénégalais, Macky Sall.
La réponse des gouvernements à la crise sanitaire et leur soutien à l’économie en
attendant d’enrayer la pandémie seront ainsi primordiaux, mais les marges de manœuvre
budgétaires sont très limitées. Plusieurs institutions bancaires ont réagi en diminuant leurs
taux directeurs en vue de soutenir l’économie. Cependant, le soutien budgétaire des
gouvernements est aussi important.