Des centaines de femmes bravent les talibans dans les villes de l’Afghanistan

Depuis le retrait total des forces armées des États-Unis, les talibans, des fondamentalistes islamistes regroupés dans une organisation politique, religieuse et militaire, sont arrivés au pouvoir en début septembre – 20 ans après avoir dirigé l’Afghanistan d’une main de fer dans les années 1990.
Une poignée de femmes ont bravé le danger en manifestant à nouveau à Kaboul. Une cinquantaine de femmes et de jeunes filles afghanes ont défilé, lundi matin, dans les rues du pays, tant pour dénoncer la répression des résistants dans la ville de Herat et l’ingérence alléguée de l’Iran dans leur régions que le respect de leurs droits fondamentaux.
Les talibans ont laissé les protestations se dérouler pendant un bon moment, avant de disperser les manifestants (hommes et femmes) en les frappant avec des crosses de fusil ou des bâtons et en tirant en l’air. Les mouvements ont été cependant lancés par un groupe de femmes qui se sont rassemblées lundi matin devant l’ambassade du Pakistan, à Kaboul.
“Pakistan, dégage d’Afghanistan”, “Mort au Pakistan”, “Longue vie à la résistance”, “Liberté-liberté” sont au nombre des slogans qui ont retenti dans les villes avant que les fondamentalistes n’interviennent, souligne le journal de l’Afrique.

   Les talibans dispersent violemment les manifestations de femmes à Kaboul

Depuis le retour des talibans à la tête de l’Afghanistan, les femmes craignent pour leur vie. Certaines ont eu le courage de prendre la parole, de décrire leur terreur, et leur situation, auprès des médias internationaux ou sur les réseaux sociaux. Les femmes et les jeunes filles veulent ainsi que leur pays soit reconstruit, soit libre. C’est pourquoi elles sont descendues dans les rues pour défendre leurs droits fondamentaux. Tandis qu’elles atteignaient le palais présidentiel, les talibans les ont dispersées avec force. En effet, la marche des femmes a commencé dans le calme absolu. Le rassemblement était composé d’artistes, étudiantes, féministes, et activistes afghanes. Ces dernières souhaitent néanmoins que la communauté internationale et les ONG s’intéressent à leur sort face aux talibans. Elles veulent continuer à étudier et à travailler. “L’idéologie des talibans nous renvoie à quinze ans en arrière. Les femmes ont néanmoins peur que quinze ans de progrès et d’accomplissement soient détruits”, a ajouté une des manifestantes.
Les fondamentalistes ont nommé la semaine dernière plusieurs ministres et complété la formation de leur nouveau gouvernement, qui, selon le site web, ne comprend aucune femme.