En Indonésie, une province sous l’emprise de la charia

L’islam est l’une des 6 religions officiellement connues – à savoir le protestantisme, l’hindouisme, le confucianisme, le catholisme, et le bouddhisme – par l’Etat indonésien.
D’après le recensement officiel de 2012, près de 90 % des Indonésiens sont musulmans.
La diffusion de l’islam en Indonésie s’est faite dans le cadre de réseaux marchands.
C’était aussi le cas pour le vishnouisme et le bouddhisme. L’islam cohabite, jusqu’à aujourd’hui, aussi bien au niveau des individus, que dans la société, avec des pratiques et des croyances antérieures.
Située sur la pointe nord de l’île de Sumatra, Aceh est l’unique région indonésienne à vivre sous le régime de la loi coranique, la loi de Dieu, ou encore la charia. Elle a renforcé son application après le retrait des étrangers venus en aide aux victimes du tsunami de juin 2005. La province est peuplée de 6 millions d’habitants, dont plus de 99 % de musulmans.
En mars 2001, Aceh a acquis un statut d’autonomie spéciale, lui permettant ainsi de faire entrer des décrets islamiques dans le code pénal. Depuis maintenant plus de vingt ans, les relations sexuelles hors mariage strictement interdites, sous peine de flagellations (supplice du fouet) publiques, les tenues longues et voiles exigées pour les femmes, l’alcool et les jeux d’argent sont formellement interdits. Les interprétations de la charia sont diverses, en fonction des pays, des combats et de l’histoire.

 

     Flagellations en hausse

Depuis une quinzaine d’années, l’islam en Indonésie a subi une radicalisation marquée. La rigueur islamique régente la vie de tous dans cette province, s’infiltrant ainsi dans les moindres détails du quotidien : pas de pantalons moulants pour les filles et les femmes, interdiction aux femmes de s’asseoir à califourchon (assis avec une jambe de chaque côté) sur le transat d’une moto, obligation de présenter un certificat de mariage pour les couples dans les hôtels, interdiction de sortir après 20h pour les filles non accompagnées. Et gare à ceux et celles qui osent sortir du rang.
Amnesty International (une ONG promouvant le respect de la déclaration universelle des droits de l’Homme et la défense des droits de l’Homme) alerte, dans un rapport de 2018, sur le nombre grandissant de flagellations publiques, en particulier dans les campagnes. En 2016, plus de 200 Acehnais ont reçu des coups de bâton pour avoir enfreint la loi coranique.