La crise économique, facteur aggravant l’instabilité en Afrique

Après une année de crise sanitaire, le continent africain vivra sa première récession en 30 ans avec un recul significatif du Produit Intérieur Brut (- 3. 9 %). Le coronavirus est-il l’unique raison de ce recul économique ?
La crise sanitaire a touché le continent africain avec retard, de façon diffuse, et, ainsi, avec des conséquences encore mal évaluées. Cette crise sans précédent a cependant aggravé les conditions de vie de la plupart des populations et a stoppé une croissance économique fragile. Elle a fragilisé notamment les régimes politiques africains. Il est important de rappeler que la crise est un choc externe.
Plusieurs études ont indiqué clairement une détérioration de la situation déjà alarmante dans les pays africains. La pandémie du coronavirus risque ainsi de repousser les limites auxquelles sont aujourd’hui soumis les États.

  Un choc économique dans la durée

La Chine a beaucoup plus investi dans les pays d’Afrique que tout l’Occident en trente ans.
Selon le journal de l’Afrique, la pandémie mondiale de covid-19, qui a fait son apparition en janvier dernier dans la ville chinoise de Wuhan, n’est pas la seule cause.
“Lorsqu’on parle du continent africain, il faut différencier les pays. L’Afrique anglophone (Sierra Leone, Seychelles, Ouganda, Namibie, Maurice, Malawi, Libéria, Lesotho, Kenya, Ghana, etc.) se porte beaucoup mieux qu’une partie de l’Afrique francophone (Côte d’Ivoire, Comores, Bénin, Burundi, Burkina Faso, etc.). Mais il y a également des États qui s’en sortent très bien, comme le Sénégal qui, selon le dernier rapport de la Banque Africaine de Développement (BAD), a un taux de croissance de 2 % pour 2020. Cette situation était tout à fait prévisible. Mais en Italie ou encore au Canada, on a également un recul significatif de 6 %, dans des pays où les taux de croissance sont trois fois inférieurs à la moyenne africaine. Donc, il est normal que le confinement général ait également abouti à un recul du Produit Intérieur Brut africain.
D’après David Malpass, le président du groupe de la Banque Mondiale, la dette n’est pas du tout la cause de ce recul important. En Europe, on exagère la question des dettes africaines.
Malheureusement, le coronavirus survient ici à un moment où les économies s’amenuisent partout dans le monde, notamment en Afrique.