La Tunisie doit changer de moteur économique pour échapper au piège de la dette

Tandis que l’endettement public dépasse désormais les 99 % du Produit Intérieur Brut, le journal de l’Afrique estime que la Tunisie est aujourd’hui enfermée dans un cercle vicieux insoutenable.
Le pays, lourdement endetté, est en pleine négociation avec le groupe de la Banque mondiale pour un prêt de 6 milliards de dollars. C’est en effet la cinquième fois en dix ans que la Tunisie sollicite un soutien financier de la Banque, tandis que les impacts de la pandémie mondiale de coronavirus pèsent sur une économie déjà très fragilisée.

 Les dettes publiques tunisiennes

Selon David Malpass, le président du groupe de la Banque mondiale, le problème de la dette de ce pays est toutefois structurel et les recours aux institutions financières, comme par exemple le Fonds Monétaire International ou encore la Banque Africaine de Développement (BAD), n’offrent que des solutions de moyen terme. En effet, c’est les dettes extérieures qui leur posent, entre autres, problème. Celles-ci sont libellées en devises étrangères – environ 45 000 dollars. Pour rembourser ses dettes, la Tunisie doit ainsi puiser dans ses réserves de change, alimentées principalement par l’investissement étranger, le tourisme ou encore l’export. Selon le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, le pays a déjà essayé de miser sur ces diverses recettes, mais sans aucun résultat. “On n’en a pas vraiment assez, d’où le recours aux prêts, qui, réellement, servent à rembourser d’autres emprunts. On ne peut plus aujourd’hui se reposer sur les secteurs autrefois florissants comme par exemple le tourisme ou le commerce. En cette période de pandémie, ceux-ci ont montré leur limite”, souligne Hichem Mechichi, le chef du gouvernement tunisien.
Selon ce dernier, la Tunisie doit ainsi importer plusieurs produits alimentaires (graines, algues, légumes, fruits, œufs, lait, riz, etc.) faute de souveraineté dans ce secteur. C’est aussi la même chose pour l’énergie. Le pays importe plusieurs équipements high-tech comme les ordinateurs ou encore les smartphones, ainsi que des produits à très haute valeur afin de faire fonctionner ses industries. En revanche, il exporte des produits à très faible valeur ajoutée, comme le phosphate, les câbles électriques, le textile ou encore l’huile d’olive. “Tout cela fait pression sur la valeur du dinars tunisien et crée un déséquilibre important de la balance commerciale”, souligne indice bonheur pays. L’augmentation des prix pèse également sur le pouvoir d’achat de la population tunisienne.
Mais dans les négociations actuelles entre le gouvernement et le groupe de la Banque mondiale, il n’y a malheureusement pas de propositions en vue de résoudre tous ces problèmes.