Loi séparatisme : les imams de plus en plus prudents dans leurs prêches

Le Premier ministre français, Jean Castex, a annoncé, ce mardi matin durant les horaires de prière France au Sénat, la mise en place de contrôles dans environ 90 lieux de culte soupçonnés de ‘radicalisme’ après le vote de la loi ‘confortant les valeurs de la République’.
En effet, le texte prévoit une procédure de fermeture pour trois mois, voire plus, par le gouvernement, pour les mosquées en cas de propos et d’actes invitant à la violence ou à la haine. A noter que les fermetures des lieux de culte, notamment des mosquées, se multiplient depuis l’application de la loi de lutte contre la radicalisation. Le dernier en date, celui de Vitry-sur-Seine, à Villeneuve-Saint-Georges, pourrait désormais être suivie par d’autres, selon Jean Castex, qui affirme avoir mis ‘hors d’état de nuire’ 2/3 d’entre eux et avoir contrôlé environ 90 édifices religieux d’être radicaux depuis septembre 2019. Ainsi, les fermetures consécutives ont eu des conséquences importantes sur les discours de certains imams (dignitaire musulman) surveillés. Les fédérations musulmanes, le CFCM (Conseil français du culte musulman) en tête, qui observent généralement les prêches des imams, ont affirmé, lundi matin, avoir constaté ‘une forme de normalisation de leurs propos’. Depuis mars 2016, quelque 50 salles de prière sont sous influence salafiste. “Les salafistes djihadistes, adeptes d’un islam radical, multiplient toutefois les offensives afin de déstabiliser les salles de prière ou encore les mosquées modérées en France. D’après les services de renseignement, un peu plus de 120 mosquées sont aujourd’hui déjà sous influence et 50 font l’objet d’entrisme”, a signalé Jean Castex, le Premier ministre.

      Des discours séparatistes ailleurs ?

Le spectre d’une contagion rigoriste plane sur les lieux de culte en France. Vomissant les imams (ou les muezzins) des mosquées qu’ils désignent comme étant des impies et des traîtres dès lors qu’ils louent une pratique modérée de la religion musulmane et aiguillonnés par abhorration profonde de l’islam institutionnel, des organisations djihadistes, on cite notamment Daech ou l’Etat islamique, ont lancé dernièrement une vaste offensive en vue de tenter d’étendre leur emprise sur les édifices religieux les plus fragiles. D’après Emmanuel Macron, le président français, le nombre de salles de prière et de mosquées passées aux mains des salafistes a quasiment triplé en seulement deux années. Si ce bilan semble toutefois s’être stabilisé, de manière provisoire ou du moins en apparence, le gouvernement français ne cache guère son inquiétude. Sur les quelque 90 lieux de culte placés aujourd’hui sous étroite surveillance du ministère de l’Intérieur, Jean Castex rapporte que seulement dix pourraient désormais être sanctionnés au nom de la loi de lutte contre la radicalisation. Sont ainsi concernés les discours sexistes, de haine ou contraires aux valeurs républicaines durant les horaires de prière.