Sénégal : allègement de 180 millions d’euros de la dette du pays

Après le premier pas du FMI (Fonds Monétaire International), le G20 a annoncé ce mercredi
matin un moratoire sur la dette de 35 pays africains (Côte d’Ivoire, Togo, Congo, Sénégal,
Burkina Faso, Rwanda, etc.) afin de leur permettre de faire face à la crise du coronavirus.
Un ballon d’oxygène qui, selon le gouvernement sénégalais, servira à lutter contre les
conséquences de la pandémie. Les autres bailleurs multilatéraux et bilatéraux sont attendus.
Selon le groupe de la Banque Mondiale, l’Afrique sera confrontée à un niveau de dette
sans précédent après cette crise. Les banques centrales et les ministres des Finances du
G20 ont décidé la semaine dernière de suspendre le remboursement de la dette de plus de
40 pays africains. Les paiements qui devaient en principe s’opérer en 2021 sont ainsi
reportés à 2023 et échelonnés sur quatre ans.

 

     Situation économique

Les autorités sénégalaises entendent affecter les budgets libérés ‘au financement des
dépenses économiques, sociales et sanitaires’ de son Programme de Résilience (PR)
destiné essentiellement à lutter contre les effets du coronavirus, qui a fait son apparition en
décembre 2019 dans la ville chinoise de Wuhan. “Le taux de croissance du Sénégal,
initialement projeté à 7. 2 %, atteindrait en 2021, 2. 6 %”, a souligné Macky Sall, le
président sénégalais.
Ce dernier plaide pour un soutien qui permettra au continent africain de “disposer
d’espaces budgétaires complètement consacrés à la sauvegarde de l’emploi, à la résilience
sociale et économique, et notamment à la riposte sanitaire”.
Le président sénégalais est à Paris pour trois jours et s’est entretenu ce matin avec le chef
de l’Etat français. Il est à noter que le chef de l’Etat sénégalais avait lancé un appel au
rééchelonnement de la dette privée du continent et à l’annulation de la dette publique.
La pandémie mondiale de coronavirus a considérablement modifié les perspectives
économiques du continent africain. En 2020, la croissance a chuté à un niveau estimé à – 1.
2 affectant ainsi les exportations et les services (transports et tourisme). La reprise
économique sera toutefois portée par des investissements privés et la consommation. Elle
sera probablement progressive.
La pandémie mondiale de coronavirus pourrait ainsi entraîner de lourdes pertes pour les
foyers en raison des perturbations dans la fourniture de services essentiels, de l’inflation des
prix intérieurs et de la baisse des revenus du travail et hors travail.