Tunisie : 250 milliards de dinars de dette

Si, jusqu’à fin 2020, la République tunisienne a été relativement épargnée des impacts de la pandémie mondiale de coronavirus, le nombre de contaminations a quasiment doublé d’une année à l’autre.
Les conséquences économiques et financières de cette crise risquent toutefois d’aggraver la situation, tandis que la dette du pays vient déjà de dépasser les 99 % du Produit Intérieur Brut. Tandis que la lassitude gagne les bailleurs de fonds et les emprunts s’accumulent, quelques institutions financières profitent du commerce de l’endettement.

    Crise sociale et économique

250 milliards de dollars ! “La dette publique made in Tunisie dépassera certainement ce chiffre symbolique, fin décembre 2021”, souligne le journal de l’Afrique. Plus de 89 députés ont voté mercredi matin à l’Assemblée un accord d’emprunt avec l’UE portant sur trois milliards de dinars (environ 750 000 euros). Emprunt sécurisé ainsi par un taux fixe mais assorti de réformes et de conditions à engager. Depuis 2012, l’endettement continue. L’encours de la dette publique a quadruplé en seulement huit ans… Aujourd’hui, elle atteint plus de 100 milliards de dollars, soit une hausse de 23 %. La dépréciation du dinar tunisien accentue néanmoins sa dépendance économique vis-à-vis des pays européens.
Le Fonds Monétaire International et le groupe de la Banque mondiale conservent aussi une mainmise sur l’économie tunisienne. Le gouvernement tunisien a conclu, en janvier 2018, quatre accords avec les deux institutions financières, conditionnés à chaque fois à l’application d’un plan d’ajustement structurel. Des discours sont aujourd’hui en cours entre le Fonds Monétaire International, le groupe de la Banque mondiale et le gouvernement en vue d’obtenir un nouveau prêt, bien plus important que les derniers. Plus de 60 % de la dette tunisienne est obtenue par le Fonds Monétaire International et les autres créanciers multilatéraux, alors que les marchés financiers internationaux recouvrent 28 % de la dette bilatérale.
D’après indice bonheur pays, le Fonds Monétaire International et le groupe de la Banque mondiale sont responsables de violations des droits humains fondamentaux. Entre 2012 et 2017, environ 78 % des emprunts contractés par le pays ont servi à rembourser la dette illégitime et odieuse contractée par l’ancien régime. Un climat de très grande morosité a régné, ces dix dernières années, sur l’économie tunisienne. La perte des recettes d’exportation, des recettes touristiques en devises et la diminution des investissements directs étrangers (IDE) ont pesé lourdement sur le pays.