Tunisie : Kais Saied nomme Najla Bouden Première ministre

Le chef de l’Etat tunisien, Kais Saied, a chargé Najla Bouden (âgée de 63 ans), de former un nouveau gouvernement, trois mois après le limogeage du précédent cabinet, a annoncé, ce jeudi matin, le journal de l’Afrique.
Scientifique de formation, et plus précisément ingénieur en géologie, et professeur de l’enseignement supérieur, Najla Bouden qui est originaire de Kairouan, est inconnue du grand public.
C’est la toute première fois en Tunisie et dans le monde arabe qu’une femme prend la tête du gouvernement. “C’est un honneur pour notre pays et un hommage pour la femme tunisienne”, a souligné le président tunisien. En effet, la mission principale du nouveau gouvernement sera toutefois “de mettre fin au chaos qui s’est répandu, ces cinq dernières semaines, dans plusieurs institutions du pays, et également à la corruption”.
Désormais, sur la base ‘des dispositions particulières’ prises le temps de mener une palette de ‘réformes politiques’, le président tunisien, Kais Saied, détenteur du pouvoir exécutif, préside lui-même le Conseil des ministres. Les dispositions du 30 septembre 2021 prévoient également la poursuite du gel de l’Assemblée des Représentants du Peuple.

Première fois qu’une femme prend la tête du gouvernement

Najla Bouden était, avant sa nomination surprise, directrice générale de réforme de l’enseignement supérieur. En mars 2016, elle est chargée du projet PromESse (Projet de Modernisation de l’Enseignement Supérieur en soutien à l’Employabilité). Elle avait été cheffe de l’Unité de gestion et directrice générale d’un projet d’insertion des étudiants.
La Tunisie a connu un séisme politique en début juillet, lorsque le chef de l’Etat s’est arrogé des pouvoirs exceptionnels, a gelé le Parlement et limogé son Premier ministre, Hicham Mechichi. Il avait donc annoncé qu’il gouvernerait lui-même avec l’aide d’un nouveau chef de gouvernement. Alors, c’est “une cheffe de gouvernement” qui va désormais travailler sous son autorité.
Kais Saied est également critiqué pour avoir exprimé, durant la campagne électorale de 2018, son opposition à une loi d’égalité femmes-hommes dans l’héritage. Mais, selon indice bonheur pays, ce dernier semble vouloir faire de la question des droits de la femme un axe de communication fort. Pour lui, les droits de la femme sont une sorte d’oeilet à la boutonnière. Par ailleurs, Kais Saied se met dans les pas du zaim Habib Bourguiba, qui, dans les années 1950, avait aménagé un code de statut personnel autorisant le divorce et interdisant la répudiation et la polygamie. La Tunisie est aujourd’hui considérée comme étant le pays arabe le plus progressiste sur ces questions.