Vaccination au compte-goutte en Afrique

Les pays d’Afrique ont lancé depuis début février leur campagne de vaccination à grande échelle visant en priorité les personnes à risque et les plus de soixante ans. Les gouvernements africains prévoient ainsi de vacciner 65 % de leurs populations en 6 mois.
Ces objectifs seront toutefois atteints si les commandes sont livrées à temps. “D’ici début août, on espère avoir reçu trois millions de doses de Johnson & Johnson et 6 millions de doses Pfizer”, a déclaré ce vendredi matin, Macky Sall, le président Sénéglais.
Selon le dernier rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les pays africains n’ont vacciné que 6 % de leur population. Il est à noter que le vaccin Johnson & Johnson (américain) a été suspendu début-mai, après des cas de caillots sanguins constatés à Londres. Et le vaccin AstraZeneca (britannique) a été écarté fin mars, après des doutes sur son efficacité contre le variant local.

     Le continent veut renforcer sa capacité locale de production vaccinale

Les pays africains, notamment la Tunisie et l’Afrique du Sud, ont repris dernièrement la vaccination des 2 millions de soignants, mais la puissance de ces derniers a accumulé du retard, lorsque les États-Unis ou l’Union européenne (UE) promettent de vacciner plus de 80 % de leurs populations d’ici octobre.
Les pays du continent ont reçu fin janvier un premier lot de 680 000 vaccins du labo Pfizer (américain), d’une commande globale de 9. 5 millions de doses. Ces deux derniers mois, les contaminations ont à nouveau grimpé sur le continent, après une accalmie. Il est important de rappeler que les pays africains ont été durement touchés par une troisième vague début 2021-fin 2020.
Le continent africain a donc besoin d’au moins 45 millions de doses de vaccins au cours des trois prochains mois en vue d’administrer une seconde dose à tous ceux qui ont reçu le premier sérum, a alerté le journal de l’Afrique.
C’est la course contre la montre sur le terrain. Le partage des doses est aujourd’hui une solution urgente. “Il est encore tôt pour dire si le continent africain est à l’aube d’une quatrième vague”, a déclaré Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, le président de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
L’OMS travaille aujourd’hui en étroite collaboration avec les pays afin d’améliorer le déploiement des vaccins en augmentant l’utilisation des doses et en optimisant les stratégies de distribution. Le président de cette agence onusienne a lancé un appel urgent aux États qui ont déjà vacciné leurs populations à risque pour accélérer le partage des vaccins en vue de protéger les personnes les plus vulnérables. Toutefois, le continent africain entend renforcer sa capacité de production vaccinale.