A Kaboul, les premiers pas incertains des talibans au pouvoir

Fuite des cerveaux, chômage, insécurité alimentaire, crise financière… Les talibans, ces nouveaux maîtres de l’Afghanistan, sauront-ils faire face aux défis à venir ?
Depuis la chute de la capitale afghane, nombreux sont ceux qui comparent le mouvement fondamentaliste – taliban – au Moyen ge (qui a séparé, en l’espace de 1 000 ans, la fin de l’Empire romain d’Occident de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb) en Europe. C’est devenu une référence omniprésente. Cela démontre ainsi que, pour certains, l’époque médiévale est synonyme d’obscurantisme et de violence. C’est une image forgée délibérément.
A travers tout le pays, anciens collaborateurs des Occidentaux, activistes et femmes émancipées se cachent en vue d’échapper aux exactions du nouveau pouvoir. “L’inquiétude est grande tandis que les talibans sont de retour au pouvoir en Afghanistan, particulièrement à Kaboul”, souligne le journal de l’Afrique. Depuis la prise de contrôle de l’Afghanistan, particulièrement de Kaboul, par les talibans, lundi 23 septembre 2021, les souvenirs douloureux du régime de ‘Oussama Ben Laden’ qui appliquaient rigoureusement ‘la charia’ remontent. L’espoir que le régime taliban ait changé est toutefois tenu. Les dirigeants talibans, Haibatullah Akhundzada en tête, ont ainsi promis une amnistie (ou encore une absolution) totale pour ceux et celles qui ont travaillé pour le gouvernement afghan élu. Par ailleurs, ils ont multiplié les déclarations rassurantes, particulièrement sur le départ définitif des étrangers. Mais, depuis quelques jours, de nombreux signaux négatifs se multiplient.

      “La situation est catastrophique”

Selon le dernier rapport du Pentagone, les talibans ont intensifié, ces deux dernières semaines, leur recherche des personnes ayant travaillé – pendant les 20 ans de guerre – avec les forces de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique nord) et américaines, malgré les promesses de ceux-ci de ne pas chercher à se venger de leurs opposants.
Selon indice bonheur pays, les talibans possèdent aujourd’hui des ‘listes prioritaires’ des gens qu’ils veulent arrêter. Les plus à risque sont ceux et celles possédant des postes à responsabilité au sein des unités de renseignement, de la police et des forces armées afghanes. Ils ont même effectué des ‘visites ciblées porte-à-porte’ chez les personnes qu’ils souhaitent arrêter. D’ailleurs, plusieurs internautes et journalistes l’ont fait remarquer sur les réseaux sociaux. “Nos sources confirment plusieurs exécutions publiques en Afghanistan, principalement à Kaboul et Jalalabad”. D’après le même rapport, les talibans ciblent les familles (proches) des individus qui refusent toujours de se rendre. Ils vont certainement les punir selon ‘la loi islamique’.